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LE JARGON DE LA SPÉCIALE
 
Rubrique initiée par Serge SOHET
 
Comme bon nombre d’institutions, la Spéciale dispose de son langage propre. Ce jargon qui présente des aspects ésotériques, évolue au fil du temps. Il  possède son vocabulaire et ses règles de prononciation.
Pour aborder ce sujet et afin de se démarquer des multiples ouvrages qui en traitent déjà, deux choix ont été faits.
Le premier revient à abandonner le classique ordre alphabétique au profit d’une présentation par thème.
Le second consiste à identifier l’évolution de ce langage, tout en le centrant sur les
années 1972 – 1974 (celles de la promotion Linares).
 
Après un préambule sur les règles de prononciation applicables à ce langage, nous vous proposons, à titre initial,  trois volets.
Le premier volet est consacré au vocabulaire utilisé en amont de la Spéciale, au sein des corniches. Il convient de relever que le langage des corniches mélange des termes communs à l'ensemble des classes préparatoires aux grandes écoles à d'autres qui lui sont propres.
Les deux volets suivants sont dédiés au monde des élèves et aux acteurs de la Strasse.
Cette rubrique est appelée à s'enrichir de nouveaux thèmes et à évoluer en fonction des réactions des uns et des autres dont les remarques et surtout les contributions sont attendues (via la rubrique "Contacts").
 
 
 
Préambule : règles de prononciation
 
Le parler cyrard comporte de nombreuses variantes d’élocution ou d’intonation mais s’appuie essentiellement sur quelques pseudo-règles.
La terminaison ‘ez’ utilisée dans la conjugaison des verbes (en particulier à l’impératif pour donner des ordres lors des bahutages) se prononce ‘èze’. Ainsi, on dira ‘venèze’  pour venez, ‘courrèze’ pour courrez… à noter que cette manière de s’exprimer, quelque peu condescendante, est réservée à l’ancien qui s’adresse à un jeune ; l’inverse n’est même pas imaginable.
Pour les mots se terminant par les couples de voyelles ‘oi’ , ‘ou’ et ‘au’ , la syllabe finale est cassée en deux. Par cette règle, le mot fou se prononce ‘fohu’.
Cas particulier : lorsque le mot s’achève par un ‘s’, ce dernier se prononce. Les mots vous ou bois deviennent donc ‘vohusse’ et ‘bohisse’.
Cependant, cette règle n’est pas absolue et comporte de très nombreuses exceptions : comme tout le monde, un cyrard dira trois pour le chiffre 3 et non ‘trohisse’.
Enfin, par une sorte de fronde grammaticale, le saint-cyrien transforme certains mots (mais pas tous) se terminant par le son ‘o’. Photo devient ainsi ‘photal’ ; tuyau devient ‘tuyal’.
À titre d’illustration, si l’honneur vous est fait de rallier la Spéciale et que vous entendez dans votre dos une voix de stentor vous dire :
« Môsieur Bazir, aboulèze fissa de l’autre bord du bohisse pour prendre une gâche pour la photal du troupal au pied du peigne », il vous faudra traduire très rapidement l’injonction par :
« Veuillez mon jeune ami avoir l’obligeance de traverser rapidement le bois pour prendre votre place pour la photo de groupe devant le bâtiment.»